Je n’ai rien construit
Je n’ai pas engendré ni de vie ni d’êtres
En dehors de moi je n’ai pas donné forme à l’altérité
Ni produit de preuves
On pourrait croire que rien de moi n’est passé dans ce monde dans ce temps
Face à toi je n’ai pas de prise et toujours sans cesse c’est la glisse
C’est moi qui ne prend pas
Qui ne prend rien
Qu’on ne retient pas
Dans ces joies collectives la part est réduite et absente
Les sourires des autres sont un oubli
Je n’ai pas de reflet dans le miroir des rires
Qui sont ailleurs
Et en rentrant au soir dans le métro bondé
Des derniers retours
Alors que mon écran frénétique s’attarde à t’attendre
Je ne sens de moi-même que le manque et l’échec
Et je fais couler avec peine
Trois larmes
Qui me disent ma fatigue
Et ma perte incomplète
Car je voudrais qu’une déchirure se forme entièrement
Pour souffrir comme il faut
Au lieu d’une tempête qui m’arrache je n’ai
Que trois gouttes salées
Qui me collent aux joues
Et ne donnent forme à rien
Une eau à peine débordée
Tu n’émerges pas de l’écran et j’ai une peine exténuée au cœur
Incapable de se dresser
Et de vraiment craquer
À la peine dans la joie comme dans la peine
Je traîne une ordinaire médiocrité
Une banalité nocturne
Qui rate tout tragique
Nul pathos pour le ridicule
Ou la fatigue de soi
vendredi 27 février 2026
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