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samedi 22 février 2014

Course au noir


Navigue, entre lunes et fortunes
L'étrave à l'attaque du noir
Prends d'assaut la courbe des étoiles
Fends les poudres spatiales

Accroche, au creux des astres,

Un éclat ivre d'ailleurs
Érafle ce grand corps d'ombre
Où chante l'espace

Arpente mes spirales obscures

Flux reflux des planètes
Lourds élans du cosmos
Inconnu suis mes voies lactées

Folles ellipses soupirantes 

Explore mes galaxies
Habite le vide qui me dévore
Et joins ta course vers l'infini

A la mienne

dimanche 4 juillet 2010

René Char, "Allégeance"

(my town, KonradB, deviantart.com)

Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus ; qui au juste l'aima ?

Il cherche son pareil dans le voeu des regards. L'espace qu'il parcourt est ma fidélité. Il dessine l'espoir et léger l'éconduit. Il est prépondérant sans qu'il y prenne part.

Je vis au fond de lui comme une épave heureuse. A son insu, ma solitude est son trésor. Dans le grand méridien où s'inscrit son essor, ma liberté le creuse.

Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus ; qui au juste l'aima et l'éclaire de loin pour qu'il ne tombe pas ?

mercredi 12 novembre 2008

Mais c'est le temps qui court...


Révérence des ans sur nos passages futiles
L'oublié de nos autrefois me serre la gorge
Les disparus respirent aux soupirails des souvenirs
Sans consistance, sont les volutes d'un regret

Il ne reste que des noms hermétiques et vieillis
Au fond des yeux que des visages aux traits figés
Comment pouvons-nous croire, sans avoir rien retenu?
Nos mots blessants sont ignorants de ce qui compte

Le blues du quotidien garde l'odeur des temps d'avant
Garde la poussière des jours d'enfance dans l'antichambre du monde
Une illusion qui a pâli et qu'on retient pourtant
Un râle sourd et puis ne reste que le présent

lundi 29 septembre 2008

Moonlight


Mes yeux vagues glissaient sur l'angle d'un visage
A l'heure où meurt le jour j'errais sur ton passage
Te cherchant sans vouloir interrompre ta route
J'avais besoin de toi, besoin que tu m'écoutes

Des instants de langueur défiguraient le temps
L'attente inébranlable était un doux tourment
J'aimais la main de Dieu qui m'éloignait de toi
La lune se baissait pour embrasser les toits

Une sourde clarté en moi devint rageuse
C'est que je m'en voulais d'être ainsi amoureuse!
Je faillis lever l'ancre, abandonner le guet
En vain je fus vaillante; je restai où j'étais

Je vis les horizons se draper de leurs ombres
Mon amour fut bercé de ces coloris sombres
Puis tu surgis au loin, éblouissant la nuit
Tu passas sans me voir, et m'offris à l'oubli

(pix: deviantart, melezartworks)

jeudi 4 septembre 2008

Outre-tombe


Fragile farandole, les bleus et les roses se suivent
Un fatras éclairé par en-dessous
Le clair de lune qui refuse de luire, qui rigole, qui s'en fout
Et les astres qui hésitent, comme des cristaux inquiets

Je sens l'aube de la nuit révéler ses canines
Contre le feu du soir qui s'éteint les soupçons déteignent
La couverture du ciel a pris des couleurs brunes
La procession des âmes seules peuple les rues dormantes

Sous l'aspect des vieux murs aux longs favoris gris
La rouille des siècles gratte une peau ternie
Le souffle fatigué des caniveaux et des lanternes
Résonne en échos pâles qui cognent la voûte nue

On frappe à la fenêtre, les os du silence se brisent
Puis tout reprend la courbe immuable des longs corridors urbains
Où se cachent des porches, où se vautrent les hommes
Qu'on abandonne, gisant, le long de sentiers bordés d'oubli

Recule cette main qui pénètre le sanctuaire des dieux
Referme cette bouche où pénètre l'air fade de la nuit
La voix porte en sourdine dans les champs incolores du monde
Quand tous les chats sont gris, supporte les lumières qui grondent

Je veux sentir le souffle clos et les grandes prières
Voir frissonner la mort sur son socle de pierre
Laissons les crépuscules sonner l'ordre de guerre
Le destin balayer les parvis de l'Enfer

Autour des chandeliers brûlants, les rêveurs ont grande allure
Dans leurs linceuls blancs prodiguent des caresses horribles
Je referme le vieux grimoire, la chaleur me dévore les yeux
La voilà la prophétie noire qui réveille les malheureux

Qui pose un doigt sur la roue de nos vie, arrête l'engrenage
Dans l'attente éclatante des éclipses, j'entends d'autres rivages
Je respire une agonie ancestrale qui se plaît à durer
J'appelle au secours face au monde et aux portes fermées

Il reflue en moi, le souhait d'un au-delà nouveau
Je suis le lacis des couloirs innombrables
Là gémit une aurore qui refuse de poindre
Je ne sais plus recoudre les vides de nos étoiles

mercredi 2 juillet 2008

Estival


Respirons le coeur chaud de l'été qui s'annonce
Comme une étreinte tiède
Demain je dormirai dans le blé d'or qui fonce
Et dans tes cheveux raides

Tu prendras pour de faux la pose effarouchée
Des vierges innocentes
Ton rire s'égrènera en tintements sucrés
Glissant sur nos deux ventres

Combien de fois nous vînmes trinquer près du lac
Où naquit notre idylle!
Se souvenir des sauts des enfants dans les flaques
Et des bonheurs fragiles

La courbe de ton cou capture mes sourires
Je te dis que je t'aime
Et l'épaisse chaleur des soirées qu'on respire
A le goût d'un poème

dimanche 29 juin 2008

Vue


(J'aime bien ce poème, qu'en pensez-vous?)


A la nuit anodine tu chantais cette ode
Marchant, d'un ample pas, le chapeau à la main
Quand il pleuvait, scrutant les pavés du chemin
Et quand les rues séchaient, les filles à la mode

Du balcon je voyais chaque jour à même heure
Ton pardessus bruni flotter sous ma fenêtre
Le vent parfois soufflait sa malice aux grands hêtres
Mêlant ma solitude en peine à ton odeur

Un jour que tu flânais, seul, le nez aux vitrines
Je laissai échapper une fleur d'un bouquet
Les pétales volèrent en flocons de mai
Surpris par cette pluie de loin tu me fis signe

Ma vie eût pu tenir entre ces trois carreaux
D'où le monde m'était beau comme mes chimères
A l'aube et au couchant, venait la terre entière
Bercer mes illusions de spectacles nouveaux

Le temps passa, au rythme changeant de la foule
Tumultueux, quand les passions éclosent au printemps
Et monotone quand l'hiver prend les devants
Je t'aperçus errant aux bras de femmes saoules

Une mère menait une enfant un peu ronde
Trimbalant un ballon au bout d'un long fil bleu
Sa main serrait trop fort, cramponnée au gros noeud
Je caressai du doigt la boule rubiconde

L'étrange montgolfière m'empêcha de voir
L'homme au pardessus brun hésiter sur le seuil
Lever vers moi la tête et jeter un coup d'oeil
J'entendis qu'on frappait mais il se faisait tard

Je ne vins pas ouvrir

samedi 21 juin 2008

Nouveau monde


Le temps a joint nos mains, il a clos nos prières
L'Aube d'été a changé ses voiles et sourit aux fenêtres
Mon coeur sautille, allègre, dans mon corps épuisé
C'est un nouveau matin pour un nouveau monde

Mes pensées inlassables brouillent les fils des Parques
Incapable d'y détacher ce qui fut de ce qui sera
La terre entière semble encore dormir
Que pour moi déjà, c'est une nouvelle vie

On dit que les histoires d'amour finissent mal
En général. Les histoires de bonheur?
Assise sur l'orbite de ma vie je prends le vertige
Cherchant à boire chaque gorgée ce nouveau monde

Christophe Colomb bravant de ses caravelles les vagues
Si l'on veut faire dans l'épique
(Mais les Français n'ont pas la tété pique...)
L'esprit est bien trop prêt aux comparaisons hasardeuses

Tout à la fois le doux calme des champs de ma province paumée
Le silence des jardins que chatouille la rosée humide
Les pépiements des moineaux, les croassements des corbeaux
Et toute cette vie qui se meut dans notre nouveau monde

Un sourire qui vient aux lèvres, sans prévenir
Et si l'on a de l'indulgence pour les poèmes naïfs
On en aura pour celui-là, et pour ces rêves et ces chimères
Destinés à former la biosphère de cette nouvelle ère

Car ce qui m'habite aujourd'hui a une saveur délicieuse
Trop fragile pour qu'on n'ait crainte de le malmener
Trop présent pour qu'on ne s'en empare brutalement
Trop beau pour qu'on ne souhaite pas être égoïste

Mon nouveau monde

samedi 31 mai 2008

Lui Je N(ous)


Comme un étau nos deux coeurs se serrent
C'est trop douloureux d'aimer notre distance
Trop difficile d'être ton aimant
Et quand je ne sais plus faire, je prends ta plume

Regarde le jour qui brille en gouttes pâles
La banalité d'une vie me semblent nos merveilles
Je fouille sans gêne le corsage du monde
Pour y trouver enfin ma réponse à toi

Mon beau courant qui part et vient
J'aime à lâcher la barre, envoûtée
Mon balancement brusque, t'appelle-t-on passion?
Non c'est mon pauvre coeur qui s'emballe sur la grève

Alors le temps prend ses formes étranges
Il irrite mes sens autrefois sans allant
J'ai ta voix dans ma tête comme l'aurore qui chantonne
Ma tête d'alouette prête à faire ton faux pas

Est-ce l'attente qui tremble dans ces lettres tracées?
Le bruit du monde se plaît à frissonner en moi
Toi ma rêverie, mon décalage
Qui crève lentement mon ballon d'hermétisme

Seule l'écriture m'arrête ici
Mes lèvres sans mots ont renoncé
J'ai peur du vide, du silence, de l'instant qui viendra
Mon extase inouïe te respire tout bas

samedi 24 mai 2008

Corpus, oris: le corps


Elle passait ses mains humides sur les pétales d’une rose
Les gouttes y dessinèrent des arcs d’or
Et ça sentait si bon dans le jardin d’été
Une douce canicule étouffait les jupes pâmées sur l’osier des chaises

Une femme éleva la voix
De ses lèvres ouvertes une note pure, gémissante comme une lyre
Flotta dans l’air troublé de chaleur Des mains battaient
Un tambourin, des pieds frappaient la roche des terrasses grises

Les oliviers sommeillaient sous le sable brûlant
Les rubans ocres des chairs d’Orient nous ensorcelaient
Nous respirions avec peine oppressés par cette fougue
Chaude comme les tentations de nos amours charnels

Midi assommait nos souffles de ses bourdonnements
Des rythmes langoureux brisaient dans l’air leurs corolles odorantes
Les danseuses avaient la grâce de nos déesses
Dont les bras confondus en mirages tourmentent les coeurs

Les lèvres se faisaient désireuses de boire
Tous ces corps et ces sons mêlés aux saccades de l’encens
Le sourire d’une vieille passant le seuil dans la lumière jaune
Avait la blancheur des ongles des vierges

mercredi 21 mai 2008

Glace


Et un mot, un seul, vint mourir sur tes lèvres
Ce fut comme au printemps nos idéaux baignés d'aurore
Des montagnes bleuies du froid vermeil

Reflux en mousse de souvenirs
Vague où les phrases coulent des cieux qui se brisent
Et d'où tombe la neige

Ta tête blanche balançait des ans sans poids
Indolores dans leur cristal pâle
Tes regards voilés refroidissaient nos mots

Le chant du rouge astral astiquait les feuilles
Nos reflets luisaient, doux
D'oubli. Tes doigts crispés, sur le bord des âges

J'étais le souffle à ta bouche muette
Rameaux d'ombres fantômes, ivresse déchue
J'étais l'anse de ton repos mortel

"Je me souviens"... et tu disais
Refrain inerte où les doigts du pianiste ont mangé les touches
Brouillon d'amour; ce qui reste d'une vie

Et un silence, sans fin, résonnant des échos des coeurs
Qui meurent. A Phoebus qui sourie, grand Prince
un oeil se clôt. Défunte.

mardi 13 mai 2008

Crescendo/Decrescendo


J'ai regardé la terre, enfant
J'ai pleuré les nuages
Sur leurs têtes, au froid printemps
Régnaient les anges sages

J'ai marché vagabonde la nuit
Sous les doux peupliers
J'ai cherché dans l'herbe moisie
Les ombrelles des fées

J'ai chéri ces peuples anciens, curieux
Elfes, lutins et trolls
J'ai voulu offrir mon coeur amoureux
En le laissant au sol

J'ai dormi d'un rêve où la Belle Aurore
Se peignait sous les porches
Tendait ses doigts rougis, ses poignets forts
Comme d'étranges torches

J'ai flirté gentiment avec l'air frais du soir
Galamment il m'a dit
Que sa tête tournant la mienne faisait voir
Des beautés inouïes

J'ai fumé dans les prés à l'heure où les amis
Deviennent tâches sombres
Allongées, quand les tiges jaillisent, flétries
Sur mon sommeil qui sombre

J'ai péché bêtement en cachant à mon coeur
Le malheur qui venait
Dans le ciel brun gisaient des grimaces de peur
Sours l'aile qui tremblait

J'ai plongé dans un puit, rond et noir, comme un point
A l'haleine fétide
J'ai vu les parois lisses meurtries de mes poings
Et le sang rouge acide

J'ai hurlé, mais sans rage
Sans rien
J'ai cherché un visage
Humain

Je n'ai su que des souffles
Eteints
Et des gorges qui pouffent
Sans fin

samedi 10 mai 2008

Khalil Gibran, Le Prophète


Et une femme qui tenait un bébé contre son sein dit,
Parlez-nous des Enfants.

Et il dit :
Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à la Vie.
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne sont pas à vous.

Vous pouvez leur donner votre amour, mais pas vos pensées.
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez héberger leurs corps, mais pas leurs âmes.
Car leurs âmes résident dans la maison de demain que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux, mais ne cherchez pas à les faire à votre image.
Car la vie ne marche pas à reculons, ni ne s'attarde avec hier.

Vous êtes les arcs desquels vos enfants sont propulsés, tels des flèches vivantes.
L'Archer vise la cible sur le chemin de l'Infini, et Il vous tend de Sa puissance afin que Ses flèches volent vite et loin.
Que la tension que vous donnez par la main de l'Archer vise la joie.
Car de même qu'Il aime la flèche qui vole, Il aime également l'arc qui est stable.

(Ce poème a été lu au baptême de ma soeur)

samedi 3 mai 2008

A l'auberge du souvenir


Repos blessés aux lèvres mortes
Anges défunts
Les jours banals qui ne m'importent
Tapent des mains

J'ai baissé la tête, détourné le regard
Des idéaux
La brise molle t'amenait sans égards
Dans mes propos

Les prières du ciel se sont trompé de route
Pour tous les naufragés
Laisse moi, reprend moi, sois l'oreille qui écoute
Le coeur abandonné

Aimer les formes trop connues
Des amours impossibles
C'est l'extase des reines nues
Aux lèvres impassibles

Tout scintille avec l'ardeur
D'un souvenir mensonger
Les paillettes qui embaument mon coeur
Ont les lèvres gercées

Les paroles ont déteint sur
Les silences de ton mépris
Comme si l'ange n'avait cure
Du diable qui lui sourit

C'est un refuge qu'il nous faut
Celui des âmes sereines
Qui n'ont ni aimé, ni souffert. Sans défaut
Sans qu'on les aime

Une cage dorée aux barreaux tordus
Par nos doigts
Car nous avons goûté nos prisons, sans retenue
Avant le désarroi

Les hommes aiment le calme plat des plaines
Les femmes aussi
Mais ils languissent de l'abîme qui saigne
Pour leurs folies

Les guitares pleureront, si elle le peuvent
Sous nos mains froissées
Elle savent mieux nos amours veuves
Que nous qui les avons portées

samedi 19 avril 2008

Désert


Accroupie, elle rêvait à la lune pâle
Refusant, comme un jeu, de regarder là-haut
Sous le ciel ténébreux son palpitant hâlo
Sur l'onde reflété taquinait les étoiles

Déchaussant son pied nu sur la grève boueuse
Elle esquissa un pas innocent dans le sable
Et doucement, sur son chemin, les grands érables
Se penchaient, chatouillaient son oreille rêveuse

Légère, elle s'amusait sur les dunes fraîches
Laissant derrière elle de longues coulées blanches
Et son rire enfantin dans une joie si franche
Faisait vibrer des roches les arêtes rêches

Et pourtant il semblait qu'en ce doux paradis
Une autre âme se tint tranquille sans bouger
Car cambrée tendrement, sous les bosquets dorés
La jeune fille vit ce garçon assoupi

Dans l'ombre elle se mut près du corps allongé
Admirer, oublié, son visage serein
Et effleurant d'un geste de sa belle main
Les paupières closes, elle vint à côté

Tous les deux bien blottis sur le flanc de la plage
Dormaient profondément, un sourire au visage
Et comme une caresse l'inconnu saisit
La main de l'inconnue qui reposait sur lui

samedi 22 mars 2008

Le Soleil a rendez-vous avec la Lune,...


La lune argent frémit
Plissant sa fine bouche
Quand le jour clair se couche
Et que la nuit revit

Sa tache ronde et pleine
De princesse d'albâtre
Se colore dans l'âtre
Du couchant sur la plaine

L'astre rouge agonise
Dans l'azur cristallin
S'en va jusqu'au matin
Laisser des ombres grises

La pourpre qui se voile
Ensanglante l'ouest
Le froid croissant céleste
Imprime un hâlo pâle

Quand frôlant l'horizon
Il arpente la courbe,
La lueur qui s'embourbe
Et caresse son front,

Le fier navire blond
Quitte les basses sphères
Laissant les éphémères
Poursuivre ses rayons

Se plonge dans la mare
D'encre noire des cieux
Où les étoiles bleues
Placent de petits phares

Et du plafond veillant
Les âmes endormies
La douce Lune oublie
Les rivières du temps

Les nuances diffuses
De tendre Dame Aurore
S'apprêtant à éclore
Viennent chasser l'intruse

Et le Soleil sourit
Dardant sa large face
Lorsque la nuit s'efface
Et que le jour reluit.

dimanche 16 mars 2008

En souvenir de E.


J'ai posé sur ta joue un ongle pâle et lisse
Ecorché ta peau claire et caressé tes lèvres
Baigné ma belle haine au fond de tes yeux verts
J'ai nourri cet amour tuant avec délice

Eloignée, j'ai épié jusqu'à l'ombre d'une ombre
J'ai fondu dans le monde en embrasant mes sens

Si intime à ton corps en ces moments d'absence
J'ai laissé là mon coeur perdu dans tes décombres

Et l'ouragan furieux tout au fond s'est fait tendre
Quand l'aube, d'un sourire en sortait immortelle
Oui, j'ai rêvé en feu à ta bouche si belle
Puis noyée de mes flots j'expirai sous les cendres

Et mon âme s'échouait sur des rivages doux
Et mon coeur vomissait ton visage abhorré
Quand il cherchait pourtant dans la cour désertée
Le fragile murmure auquel il avait goût

Je t'en supplie, va-t-en, douce folie amère
Ephémère regard laisse moi m'endormir
Accorde moi la joie de ne plus rien sentir
Ou reprend tous tes droits sur cet amour qui erre

Et dans un bref sursaut fais donc tonner ta voix
Brise songes, silences où s'échauffe mon sang
Que la main retenue à son désir présent
S'abandonne ou retombe guérie cette fois


(toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé n'est en aucun cas fortuite)

mercredi 5 mars 2008

Dame blanche

Encore une fois, on va croire que je fais dans le déprimant... Mais pas du tout!!! Moi ça me fait plutôt penser à un pays tout blanc, plein de fantasy, de mystère, de chevaliers, de complots dynastiques et de magiciennes centenaires...
Hum... ça n'engage que moi!

(La photo représente Nenya, l'un des trois anneaux de pouvoir remis aux Elfes par Sauron, et que garda Galadriel).


Une enfant était née, rose comme l’aurore
Aux cils blancs comme un éclat sur l’onde claire
Dans ses yeux se lisait le destin de l’hiver
Qui porte chaque année ses froids baisers de mort

Une fille était née, promise au trône suprême
Gouverner les âmes, aimer la terre chaude
Qui l’avait vu naître, telle était, Aude,
La glorieuse ascension qu’il fallait que tu aimes !

Une jeune fille était née, en pleurs glacials
De n’avoir pu chasser les brumes de son cœur
Fière mélancolie, dur cristal, était-elle la sœur
Des montagnes gelées aux insensibles râles ?

Une femme était née, superbe et terrifiante
Ses regards transparents étaient plus que son sceptre
Les étranges atours de son destin céleste
C’était un froid mortel dont elle était souffrante

Une reine était née, aux longs cheveux d’argent
Sur une lune brune régnait souveraine
Et cachait à son peuple ses larmes, ses peines
Et semblait à leurs yeux un merveilleux diamant

Une mère était née, sans un sourire aux lèvres
Sans tendresse en sa voix, sans chaleur à offrir
Une enfant de l’hiver aurait encore à vivre
Solitaire, engourdie, en oubliant ses rêves

Une veille femme était née, sans éclat
Comme neige fondue, ses larmes régulières
Baignait ses rides, ces glaciers froids et sévères
Son cœur était sans haine, son cœur était sans foi

Une étoile était morte en un soupir glacé
Comme on ferme une porte sur d’anciens malheurs
Un tombeau enneigé construit sur les hauteurs
Abrita sa dépouille pour l’éternité

lundi 3 mars 2008

Si nos amours d'antan se sont barrées

(pas la peine de chercher des alexandrins à tous les vers, vous vous emmêleriez les pieds (sans jeu de mots!!). Honneur au vers libre, pour une fois...).


Si nos amours d’antan se sont barrées
Que reste-t-il, dis moi, des heures passées ?


Nous étions gais et beaux, nous avions le cœur en fête
Et nos sourires noyaient le monde dans un baiser.
C’était la moire d’un soir doré sous nos fenêtres
Comme la main des dieux sur nos bonnes fées.

Nos rires avaient la couleur d’une onde qui fuit
Douce et vive, sous les brumes et les tristesses.
Sur nos peaux se mêlaient les parfums de ces nuits
Folles et brûlantes, aux foules en liesse.

Nous étions jeunes et confiants, sans crainte au cœur,
Aimant chaque jour pour les heures qu’il nous donnait.
Nous avions l’insouciance des saules pleureurs
Battus par les vents mais qui toujours pleuraient.

Qui aurait pu tarir ces rêves et cet amour ?
C’était folie que d’être triste autour de nous.
Les cours de nos destins mêlés au point du jour
Formaient notre harmonie dans l’harmonie du tout.


Si nos amours d’antan se sont barrées
Que reste-t-il, dis moi, des heures passées ?


Est-ce nos lèvres qui un temps se sont fait froides ?
Tes yeux avaient toujours le délavé d’un ciel pâli
Et la tendresse du blanc des voiles sur la rade.
Tes doigts étaient toujours les mots doux de ma vie.

Nous étions gais et beaux, je le savais.
Tu le savais, j’en étais sûre ; c’est la lumière
De ta peau d’or sous les couchants qui le disait,
Le parfum mâle de ta peau sous les draps clairs.

A tes regards je me donnais et tu aimais mes yeux;
Les cordes de la lyre qui chantait notre couple
Vibraient, éphémères, aux promesses que nous deux
Formions, comme deux âmes s’accouplent.

Etait-ce la joie qui rendait tes doigts tremblants ?
Nos rires avaient la couleur d’une onde qui fuit
Faillait-il que tes mains me fuient autant ?
Que mes regards se détournent d’un corps ami ?


Si nos amours d’antan se sont barrées
Que reste-t-il, dis moi, des heures passées ?


Nous étions la jeunesse et la passion pure
Et nous avions la fougue des amants qui s’étreignent,
Pourtant les jours d’amour dont brillait notre azur
S’étiraient, vacillants, comme les flammes qui s’éteignent.

Un jour comme au réveil nos cœurs se sont fermés;
Tu as repris ta main et j’ai repris la mienne.
Nous sommes restés là, ensemble et séparés
(La lune et le soleil s’ignorent bien sans haine).

Le temps a fui, délaissé par les rêves d’hier,
Il a coulé, grisâtre sous l’éclairage des ans,
Flot impotent qui traîne sans colère.
Nous étions tristes et sombres comme un dernier printemps.

L’âge, grand architecte, a tout aplani
Et ses caresses sèches ont rouillé nos miroirs.
Nous fûmes vieux, méfiants, las de nos pauvres vies
Et des mensonges creux qui fuyaient vers le soir.


Si nos amours d’antan se sont barrées…

jeudi 21 février 2008

CB

Pardonnez moi mon Père car j'ai planché
Sur cette dissert' pendant des heures à me faire chier
Pardonnez moi car j'ai noyé dans mes brouillons
Des soupirs, des délires ... d'imitation!

Pardonnez moi mon Père car j'ai penché
Trop souvent sur ce tendre Pyndick mes pensées
Pardonnez moi, j'ai cru voir la fin de mes peines
Dans l'équilibre en situation certaine!

Pardonnez moi mon Père, car j'ai maudit
Tout Berstein, tout Milza, tout Frank et tout Ory
Pardonnez moi, j'ai eu l'incorrigible orgueil,
De vouloir avaler toutes ces feuilles!

Pardonnez moi mon Père, car j'ai douté
De l'idéal sacré d'un BL inspiré
Pardonnez moi j'ai cru, sans même aller plus loin,
M'en sortir juste avec un joli baratin!

Pardonnez moi mon Père car j'ai souhaité
Vainement voir le temps des vacances se bouger
M'arriver en pleine gueule, et chasser la grisaille
Pour me faire oublier notre salle des médailles!