mardi 1 avril 2008

Du pareil au même


Je suis triste.
C'est si simple à dire, ça vous tombe de la bouche avant que vous ayez pu le rattraper. Comme une évidence.

Comme ces larmes qui parfois débordent et veulent noyer le monde. Comme un brouillard amer qui vient serrer les gorges.
Oublions les hommes dans un soupir.
Un regret, l'entendez-vous? Il gémit dans les sanglots du monde. Une douleur, la sentez-vous? Elle est la nostalgie de ces rêves d'enfants qui sont nos mensonges d'un jour. Toujours trop crus. Sans qu'on sache plus vivre.
Phare essoufflé sur le brisant des vagues. Effritement des visages d'antan dans nos vallées d'oubli. Si nous savions les gouffres au-delà... Déception, nous guetterais-tu? Tu est l'informe, le noir que nous n'aimerons jamais. Nous y arracherons des broussailles sans vie.
Grands fossoyeurs du passé, soyez prompts et efficaces. Soyez tristes dans un monde triste. Réveillez les pessimistes qui sommeillent.
(En nous)


Je suis heureuse.
C'est si simple à dire, ça vous tombe de la bouche avant que vous ayez pu le retenir. Comme une évidence.

Comme cet amour qui parfois déborde et veut noyer le monde. Une aurore aux cheveux rouges qui caresse les coeurs assombris. Contaminons les hommes dans un sourire.
Un murmure, l'entendez-vous? Il résonne dans la cage thoracique du monde. Un baiser, le sentez-vous? Il est l'haleine de ces rêves d'enfants qui sont nos promesses d'autrefois. Jamais tenues. A ne jamais tenir.
Phare allumé sur le brisant des vagues, sourire de vieillard édenté sur la crête de l'avenir. Si nous savions la vallée au-delà... Déception, nous guetterais-tu? Tu es l'informe, le noir que nous n'avons pas encore aimé. Nous y planterons des germes de fantaisie.
Grands jardiniers de l'espoir, soyez lumineux et créatifs. Soyez heureux dans un monde heureux. Réveillez les utopistes qui sommeillent.
(En nous)

Je suis heureuse. C'est si simple à dire, ça vous tombe de la bouche avant que vous ayez pu le retenir. Comme une évidence.


lundi 31 mars 2008

Comment le ciel est devenu grand


(conte apache)

C
'était il y a longtemps, lorsque le ciel était trop bas. Il était si bas qu'il n'y avait pas de place pour les nuages. Il était si bas que les arbres ne pouvaient pas pousser. Il était si bas que les oiseaux ne pouvaient pas voler. S'ils essayaient, ils se cognaient aux arbres et aux nuages.

Mais ce qui était plus pénible encore, c'était que les hommes adultes ne pouvaient pas se tenir debout, bien droits comme leurs corps le leur demandaient. Ils devaient marcher tout penchés, en regardant leurs pieds et ne voyaient pas où ils allaient.

Les enfants ne connaissaient pas ce problème. Ils étaient petits, ils pouvaient se lever aussi droits qu'ils le souhaitaient. Ils ne marchaient pas en regardant leurs pieds et pouvaient voir où ils allaient.

Ils savaient par contre qu'un jour, ils deviendraient des adultes et qu'ils devraient marcher tout penchés en regardant leurs pieds à moins que quelque chose ne se passe. Un soir, tous les enfants se réunissent et décident de relever le ciel. Les quelques adultes qui les écoutent rient sous cape mais soudain, ils voient les enfants lever de longs poteaux vers le ciel. Un, deux, trois, quatre... Un cri énorme retentit UUU-UHHHH ! Mais rien ne se passe.

Le ciel reste comme il a toujours été. Les arbres ne peuvent toujours pas grandir. Les oiseaux ne peuvent toujours pas voler. Il n'y a toujours pas de place pour les nuages et lesadultes marchent toujours courbés en regardant leurs piedssans voir où ils vont.

Le lendemain, les enfants recommencent avec des poteaux plus longs. Un, deux, trois, quatre... Un cri énorme retentit UUU-UHHHH ! Mais rien ne se passe.

Le soir suivant, les enfants (qui sont persévérants) essayent encore. Ils prennent des poteaux encore plus longs. Un, deux, trois, quatre...Un cri énorme retentit UUU-UHHHH ! Mais rien ne se passe.

Le quatrième soir, ils ont trouvé de très, très, très longs poteaux, les plus longs qu'ils pouvaient trouver et ils se sont mis à compter. Un, deux, trois, quatre...Un cri énorme a retentit UUU-UHHHH ! Et le ciel s'est soulevé. Depuis ce jour, le ciel est à sa place.

Les arbres peuvent pousser, les oiseaux peuvent voler sans se heurter aux troncs et aux branches. Les nuages ont de la place pour aller et venir et les hommes peuvent se tenir droit en regardant le ciel. Mais le plus merveilleux c'est que lorsque le soleil s'est couché la nuit suivante et qu'il a commencé à faire sombre, le ciel troué par les poteaux des enfants s'est mis à scintiller. Dans chaque trou, il y avait une étoile.

La prochaine fois que vous regarderez le ciel, vous saurez que c'est grâce aux enfants que vous pouvez admirer un tel spectacle. Vous repenserez à cette histoire et vous saurez que c'était vrai.

vendredi 28 mars 2008

E minor, Op. 72, n°1


Chopin.
Des notes glissent et redessinent la silhouette du monde, comme on lave à grande eau des carreaux gris de crasse. D'ailleurs le ciel délavé, dehors, prend sa douche. Majestueux. A peine manque-t-il de cette profondeur qu'ont les cieux de perspective, ceux où les nuages blancs, tremblotants, se mêlent aux rayons chauds, à l'indigo spacieux, pour former une voûte splendide. Car derrière la couche épaisse de peinture morne, il vibre d'une lueur retenue, prête à flamber. Le doigt de Dieu tend et détend perpétuellement cette corde unique d'où s'échappent des échos de soleil, des éclats pressentis. Comme une promesse.

Ce ciel-là, c'est à Chopin qu'il ressemble.
Il est mélancolique, il passe impassible, il déroule. Il enveloppe tout, mais sans freiner. Il nous emporte en tirant sur le fil emmêlé de nos pensées. Il nous déroule. C'est la couverture qui borde les sommeils enfantins; les bras accueillants, tristes qui manquent à l'amant exilé.

Tendresse grise. Comme un grand coup d'éponge sur nos paysages trop secs, trop carrés, trop brillants. On regarde dehors, on voit le vacillement des gouttes et des formes mal découpées, un peu collantes. Comme si nos yeux pleuvaient. Comme si le coeur s'éveillait au milieu de ses rêves, et se contemplait, dormant. Dormant, c'est-à-dire ignorant. Touché par cette absence qui donne son charme à la naïveté. Touché par cette illusion qui donne son mensonge à la naïveté.

Les doigts, courant sur les touches, tantôt s'y posent, légers comme les embruns qui colorent les joues des passants le long des grèves, tantôt s'y fondent profondément, comme si dans cet embourbement du ciel, le monde refusait de se faire dur.

Le temps pourrait s'arrêter. Se suspendre un instant sur les hauteurs. Attendre. Et s'il voulait dormir? Nous nous berçerions nous-même dans son roulis hésitant et qui chantonne, ce soir, dans la bruine.

"Pleure" dit l'âme Nocturne. "Souris" rigole la jolie Polonaise. "Danse" susurre la Valseuse sombre.

Pleure, souris, danse.

Vis.

mardi 25 mars 2008

It's gonna be love


L'amour est toujours patient et désintéressé
Il n'est jamais jaloux.
L'amour n'est jamais prétentieux ni orgueilleux,
Il n'est jamais grossier ni égoïste,
Il n'est pas colérique,
Il n'est pas rancunier.
L'amour ne se réjouit pas des pêchés d'autrui mais trouve sa joie dans la vérité.
Il excuse tout,
Il croit tout,
Il espère tout et endure tout.
Voila ce qu'est
l'amour.

(A Walk to Remember)


dimanche 23 mars 2008

Scènes de la vie nocturne: Esther


Esther referma le livre et le posa sur le banc de pierre. La nuit, opaque, comme si la lueur diffuse de la lune l’engluait, rendait terne sa couverture; mais, en temps ordinaire, le volume, qu'elle trimbalait partout, flamboyait dans sa jaquette rouge où se découpaient, en lettres d'or, comme le sceau d'un Pharaon dont plus personne ne pouvait lire le nom, un titre qui la faisait rêver : Enchantements vermeils.

Elle n'avait pas résisté. Encore une fois, elle n'avait pas su. Elle avait laissé ses yeux glisser, s’enfoncer dans la matière molle des pages, sans s’accrocher au papier abîmé. Elle avait plongé dans cette aventure qui n’était pas la sienne et laissé les heures nocturnes siffler autour d’elle, sans la toucher.

Mais cela n'avait pas grande importance. Ce qui était important, c'était qu'en ce moment, quelque part dans un pays moyenâgeux, plein de preux chevaliers et de demoiselles maléfiques, William, son cher William, avait succombé à ses fantômes. Qu'il avait tué la fille de l'Ombre. Que le royaume était en péril. Que les forces magiques du vieil Enchanteur se tarissaient.
Heureusement qu'elle n'en n'était qu'à la partie II, et que par conséquent l’auteur avait, d'ici la fin du livre, bien le temps d'arranger ça.

Esther se surprenait parfois à traiter avec cynisme ce qu'elle croyait pourtant aimer le plus. A jouir de cette distance qu’elle mettait entre le monde et elle, et qui la faisait regarder avec mépris ceux qui se baignaient dans leur quotidien, leur misérable quotidien, avec tant de béatitude. Tant de naïveté. Avec cet air de contentement benoît qui refusait toute complexité, toute nuance.

Admirant le ciel étoilé, partiellement voilé par des brumes qui filaient à toute vitesse au dessus de sa tête, comme apeurées par la colère d'Eole, la gamine, peignant ses cheveux noirs, se trouvait des airs de grande personne. Elle savait tout des mécanismes qui cliquetaient, comme les engrenages multiples d’une ancienne montre, derrière les lignes imprimées que ses yeux parcouraient avidement. Qu'il suffisait qu'on fasse mourir deux ou trois personnages. Que la découverte d'un maléfice ancien ou l'aide des êtres sacrés qui peuplaient les forêts de son roman, ou encore une bataille menée par un général à la probité et au courage exemplaire suffirait pour sauver son héros, pour sauver William, pour tout remettre en ordre.
Mais en même temps qu’elle en était consciente, elle s’en émerveillait. Elle admirait ce pouvoir de la plume, ce grand jaillissement, cet envoûtement de la lecture qui était bien plus magique que tout ce que les personnages des vieux romans de fantasy qu’elle aimait pourraient jamais produire.

Esther se laissait bercer par ses pensées, fermant les yeux. Elle sentait remuer en elle comme une bête endormie mais habitée de songes profonds et terrifiants, qui soulevaient un murmure intemporel, un souffle de création; ce râle divin ferait jaillir des mondes, maintenant que tout l’espace, qui se présentait à ses yeux par ces clignotements blancs sans nombre sur le ciel noir, n’était plus qu’une immense ville, domestiquée, aux avenues soignées et nettes comme un plat de vaisselle propre. Maintenant qu’il était non plus une infinité mystérieuse qui charmait l’œil au coucher du soleil, mais le reflet de milliards d’autres êtres, inutiles, qui supportaient de vivre chaque jour en exil, sur une autre terre, sans même parfois savoir ce qu’ils supportaient. Sans savoir qu’ils souffraient. Peut être était-ce mieux ainsi.

Esther était restée sur Terre. Cette Terre qu’elle sentait encore parfois palpitante, dans ces arbres centenaires aux barbes blanches, dans ces courants d’air malicieux venus de siècles passés, dans ces silences où respirait une solitude éternelle.

Cette nuit-là était une de ces nuits où son âme d’enfant, qu’elle sentait lui échapper de plus en plus, s’accordait à son désespoir grisant, à sa nostalgie perpétuelle.
Elle se tenait assise, en tailleur, sur le banc de pierre écorché par les intempéries des ans. Ses mains d’une blancheur extrême reposaient sur ses genoux, ses doigts remuaient lentement. Elle les posa, soudain, sur la roche ridée. Elle sentit naître en elle des tempêtes où d’anciennes malédictions faisaient bouillonner la mer.

Sa voix, grave, rayée, se mêla aux chuintements du vent : « Il y a bien longtemps que cette histoire ne fut contée, mon enfant, car il est des oreilles et des yeux incapables d’entendre et de voir ce qui nous dépasse tous. Les hommes sont petits et s’agitent inlassablement. Ils ne pensent pas à mal. Mais ils ne pensent pas non plus à ce qui importe vraiment. ».

Esther ouvrit les yeux, laissant les échos de ces mots s’éteindre dans l’herbe. Malgré elle, elle convoquait à la surface de sa conscience des milliers d’histoire, réelles ou fausses, fantasmées ou entendues, qui la traversait sans avoir d’égard pour elle. Du haut de ses dix ans, son sourire, vaste comme la voûte sombre qui la surplombait, la rendait immortelle et sans âge. Un sourire où se fondaient sans distinction des merveilles et des horreurs sans nombre, éternelles par cette magie dont elles étaient illuminées.

Alors, s’abandonnant au flux qui l’envahit violemment maintenant, Esther parle à nouveau. Au fond, sur la crête des arbres, s’apprête une aurore. Si prévisible. Si semblable à celle de la veille. Si pareille à celle qui viendra bientôt tirer de leur sommeil artificiel tant de corps dans tant de lits identiques, recroquevillés sur eux-mêmes comme si seule la nuit les rendaient à leur condition véritable, en soufflant leur ignorance orgueilleuse.

Mais la nuit, rebelle, comme elle, veille encore. La litanie des mots qui sortent des lèvres d’Esther, et qui un temps s’était affaiblie, jaillit plus fort. « Et l’on raconte que ce banc de pierre, où désormais les gens reposent leur ennuis, fut autrefois, à l’aube des temps heureux, lieu de cérémonies grandioses tenues par les grandes prêtresses de l’Ordre. Ici furent invoquées les puissances qui président au présent, au passé, au futur, les êtres inconsistants qui portent en eux la vérité de toute chose et qui verront périr, uns à uns, toutes ces têtes d’hommes ».

Une bourrasque de vent fait tomber le livre à terre ; la chevelure noire, immense, de la fillette, semble battre des ailes, prête à s’envoler. Esther, brusquement, se redresse, emportée par les mots qu’elle crie maintenant debout, vers cet horizon encore sombre, qui résiste à la poussée de la lumière et de la monotonie. « Et il est temps de relever les colonnes brisées et les temps ravagés. Ravagés par l’ennui des serviteurs qui n’ont pas conservé leur foi jurée. Ravagés par l’incohérence d’êtres incapables de chercher aussi bien leur malheur que leur bonheur dans leurs errements sans nombre. Il est temps de voir renaître, dans les bois éternels, les danses de Luthien et les exploits glorieux, temps d’être la main qui brandit l’épée, temps d’être le glaive lui-même et de fourailler dans les entrailles du monde. Temps d’écouter les lamentations guerrières des cors et de rugir avec eux. Temps de se battre sans espérer, pour l’espoir ! ».

Un bruit assourdissant éclate dans ses tympans ; une lumière aveuglante troue le ciel noir, rapide comme si la planète même crachait la foudre. Sa vision se brouille. Les larmes lui coulent des yeux. Comme si le monde éclatait de l’intérieur.
Quelques secondes où tout tournoie dans un rugissement métallique. Où tout brûle dans un incendie déchaîné. Le ciel flamboie, plus clair que le soleil lui-même. Chauffé à blanc.

Immobile, Esther sent la violence de l’aurore se mêler à ce tourbillon. Elle attend, sans comprendre. Rien qu’une immense douleur qui, sans toucher à ses membres, l’étouffe de l’intérieur.

Une éternité ? Tout s’éteint.


Devant elle, l’aurore a disparu. Comme si elle n’avait pas résisté à l’assaut. A peine brille encore un liseré lumineux tout au fond. C’est l’aube blessée qui expire.
Esther sent vibrer, à son poignet droit, son récepteur. Sa peau rouge brille faiblement ; cela doit faire des heures qu’on essaie de la contacter. Elle a déconnecté son lien à l’infosphère. Mais la douceur profonde de la nuit qu’elle espérait goûter, la caresse du vent, l’oubli … tout est terminé. Tout a changé.
Le paysage, devant elle, est toujours le même. Le banc, sur lequel elle s’est raidie, est le même. Le livre, à terre, aux pages ouvertes, est le même.

Mais c’est la fin d’un monde qu’on entend pulser dans les feuilles qui pleurent. Esther est rappelée à l’appel qu’elle sent picoter dans son bras, de plus en plus pressant. Elle hésite à entendre, à reconnecter... Savoir ? Mais elle sait déjà.

Pas besoin de se résoudre : le message franchit toutes les barrières de son système perso. Il s’impose, destructeur, douloureux comme un supplice perpétuel. Il fuse dans toute son âme et résonne dans l’âme du monde.

WAR

Ce mot si court la traverse comme un frisson universel, celui d’une humanité qui se meurt. Un éclair blanc jaillit de sa silhouette, monte jusqu’au ciel gris sombre ; jaillit de chaque homme sur Terre ; sur cette galaxie ; dans l’univers. Jaillit de chaque fibre sensible qui respire dans le cosmos. Jaillit des milliards de cadavres qui, ailleurs, ne respirent déjà plus.


Et le monde hurle dans un unique cri.

samedi 22 mars 2008

Le Soleil a rendez-vous avec la Lune,...


La lune argent frémit
Plissant sa fine bouche
Quand le jour clair se couche
Et que la nuit revit

Sa tache ronde et pleine
De princesse d'albâtre
Se colore dans l'âtre
Du couchant sur la plaine

L'astre rouge agonise
Dans l'azur cristallin
S'en va jusqu'au matin
Laisser des ombres grises

La pourpre qui se voile
Ensanglante l'ouest
Le froid croissant céleste
Imprime un hâlo pâle

Quand frôlant l'horizon
Il arpente la courbe,
La lueur qui s'embourbe
Et caresse son front,

Le fier navire blond
Quitte les basses sphères
Laissant les éphémères
Poursuivre ses rayons

Se plonge dans la mare
D'encre noire des cieux
Où les étoiles bleues
Placent de petits phares

Et du plafond veillant
Les âmes endormies
La douce Lune oublie
Les rivières du temps

Les nuances diffuses
De tendre Dame Aurore
S'apprêtant à éclore
Viennent chasser l'intruse

Et le Soleil sourit
Dardant sa large face
Lorsque la nuit s'efface
Et que le jour reluit.

jeudi 20 mars 2008

Litanie contre la peur (rituel Bene Gesserit)


Je ne connaîtrais pas la peur, car la peur tue l'esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l'oblitération totale. J'affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu'elle sera passée, je tournerai mon oeil intérieur sur son chemin.
Et là où elle sera passée, il n'y aura plus rien.
Rien que moi.


Hommage à Frank Herbert
Hommage au samouraï de l'espace, aux Fremens combemaliens, au Muad'dib chef spirituel des BLs Atréides...

A réciter sans modération.


PS: il paraît qu'il ne faut jamais revenir sur ses posts (il paraît...). Mais comme on a tous les jours des occasions de devenir moins bête, ma soeur m'a fait remarquer, non sans une pointe de dédain dans la voix, que la "Litanie contre la peur" de Dune était bien plus...classe (oui, je crois que c'était le mot) en anglais.

Et en effet, c'est plus percutant.
Mes condoléances aux amis de la francophonie.


LITANY AGAINST FEAR

I must not fear.
Fear is the mind-killer.
Fear is the little-death that brings total obliteration.
I will face my fear.
I will permit it to pass over me and through me.
And when it has gone past I will turn the inner eye to see its path.
Where the fear has gone there will be nothing.
Only I will remain.