C'est une tombe que je creuse
Où je me loge
Avec mes peurs et mes espoirs
Un accueil de terre et d'oubli
Un déni dans l'humus
Une myopie
L'impasse a le goût de l'automne et de la mort
La fraîcheur des mottes spongieuses
Elle colle comme une boue
Elle englue
Je suis coupable, pelle à la main
Devant la fosse
Il y a notre amour, celui
Qui m'a tendu l'outil
Désigné le terrain
Et soufflé sans cesse à l'oreille
Que je travaillais bien
J'aimerais pouvoir croire qu'une autre a jardiné
Mais c'est ma trace partout
Qui a tout façonné
La glaise, le trou, la faiblesse, l'habitude
Je l'avais déjà fait, je savais procéder
J'avais souvent porté la charge de gravas
Arraché à mains nues
Creusé creusé de plus belle
Pour qu'on ne m'y voie plus
Enfoncée dans la terre
Les terrains ravinés
Offrent tant de cachettes
Aux mensonges
Qu'on se tend
Qu'on se donne
La tombe était ouverte
Et je pouvais sortir
Mais les murs étaient hauts et le ciel coupant
Dans le carré là-haut qui m'enserrait
Ça me glaçait de t'échapper
Dans l'herbe de nouveau marcher
Debout, dressée, droite
Faire la route pour moi sans emprunter tes pas
Sinuer en ma compagnie
Savoir
Ne pas vouloir
Savoir qu'il faut partir
Refuser de le dire
Faire mourir le départ
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